Editorial
4 novembre 2019

Chère Elisa « Je me surprends à attendre seulement que la vie passe »

 

Chère Elisa,

De nouveau une violente crise de mal être et à nouveau je ne trouve d’autre refuge que celui de t’écrire.
Les constats de ma vie se bousculent, me figent et me transpercent de douleur.
Bientôt un an que nous avons pris la décision d’acheter notre maison. Un coup de coeur absolu, la certitude qu’il s’agit de la seule pièce manquante à notre tableau de vie.
Et quelques mois plus tard, les catastrophes se sont enchaînées: les mauvaises surprises quotidiennes, les aléas d’être propriétaires et cette responsabilité qui me pèse et m’empêche certaines nuits de respirer.
On en a vécu des tempêtes mon mari et moi. Mais aujourd’hui, cela me semble différent. Nous faisons face à pas mal de travaux, initialement prévus mais beaucoup plus compliqués qu’on ne l’imaginait. Puis mon mari a perdu son travail après un accident de travail non reconnu et avoir été clairement poussé à démissionner. Et moi, j’essaye de remonter péniblement d’un véritable burn-out en juin dernier. Et ce sentiment que la vie nous a laissé tomber.
Je me répète quotidiennement qu’il y a bien pire ailleurs. Qu’on s’aime, qu’on est en bonne santé et que ça passera.
Mais cette douleur en moi Elisa. Elle reste là. Elle est si vive. Si intense. Je me surprends à attendre seulement que la vie passe. Qu’elle se termine. Sans ne plus parvenir à apercevoir la lumière au bout, la lueur d’espoir qui habituellement m’aide à tenir.
Je vois quelqu’un pourtant, une psychologue superbe qui m’aide à comprendre ce que je ressens et aller de l’avant. Mais tu vois, je n’en suis plus là.
Les jours comme aujourd’hui m’apporte la conviction qu’on ne se relèvera pas de tout ça. Que l’avenir ne sera plus jamais prometteur. Et que cette souffrance, cette douleur, cela ne me quittera plus.
Si tu savais comme j’étais quelqu’un de bien avant. De positive, de pétillante. J’ai beaucoup été le pilier, la béquille de mes proches tant j’avais foi en la vie et ses surprises. Mais j’ai le sentiment que cette personne là s’est perdue Elisa. Qu’elle ne va jamais revenir. Que la pluie l’a balayée. Qu’elle est partie. Elle m’a abandonnée.
Bon dimanche Elisa. Pardonne moi la dureté de ces mots qui, une fois posés, allègent ponctuellement mes maux.
Chère toi,
Comme la vie parfois peut être épuisante! Surtout dans ces moments où rien ne va, au point où l’on a le sentiment que tout nous accable et que rien ne pourra nous faire aller mieux.
Tu dois être épuisée et c’est bien normal face aux épreuves que tu traverses…
Et pourtant, pourtant je peux t’assurer que tout ira mieux.
Tu as le droit, bien entendu d’être moins forte, le droit d’être fatiguée, le droit de ne plus y croire….
Cela ne fait pas de toi une femme moins forte, juste une femme pus humaine.
J’ai appris une chose importante dans la vie, qui m’a toujours sauvée. Face à mille problèmes, je choisis de n’en régler qu’un, lorsque c’est fait, forte de cette réussite, je m’attaque au second et ainsi de suite.
Le noeud prendra fin, crois moi.
Je lis que tu as beaucoup aidé tes proches, est ce que quelqu’un pourrait en retour te donner un coup de main?…Parfois un simple tupperware avec un repas à réchauffer pour s’éviter la contrainte de cuisiner, lorsque l’on est épuisée peut aider beaucoup!
et oui être deux et s’aimer, c’est déjà énorme! Crois moi!
A distance, ainsi, je ne peux pas t’aider beaucoup mais j’espère que mes mots et peut être ceux d’autres lectrices, pourront t’aider.
Continue s’il te plaît d’aller voir cette psychologue qui t’aide, c’est un chemin long, le traumatisme d’un burn out est réel et c’est normal que cela t’ait affaiblie. Tu as vécu un vrai traumatisme, je te trouve déjà courageuse de le reconnaître et d’en parler.
J’en ai vécu un, comme toi, et il m’a fallu plusieurs années pour réussir à en parler.
Je t’embrasse
Elisa
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12 commentaires

Chère toi

T’es mots partagés par Elisa viennent de me toucher en plein.
Le ras de maré qui te submerge en ce moment je le connais.
Il te prends comme une lame de fond et t’emportes dans des noirceurs qui ne t’en fond pas voir la fin.
Mais dans tes mots je sens une femme courageuse que la vie a déjà bousculée mais qui a trouvé dans chaque pas de sa vie une raison de s’en relevé .
Aujourd’hui tout te semble douloureux à l’extrême mais rappelle toi dans le moindre petit rien de tes journées que tout ceci n’est qu’un moment et que tout passe même le pire.
Tu parles de votre amour avec une infinis tendresse ,mais c’est tu que peu de gens peuvent en dire autant ?
Tu vas y arriver garde confiance en toi ,en vous ….
Je t’envoie tout mon réconfort et mon affection .

Courage, tout ira mieux avec le temps, et un peu d’aide.
Je ne suis pas psychiatre, mais médecin, et les propos que tu tiens laissent penser peut-être à une dépression qui se cache mal derrière tout ce mal-être. Alors je sais bien que l’époque actuelle n’est pas trop en faveur des médicaments, mais parfois, ça peut sauver des vies, des couples et des familles.
Peut-être que ta psychologue pourra t’aider à trouver quelqu’un d’aussi compétent et humain qu’elle, qui si ce n’est pas déjà le cas, pourra te donner un coup de pouce pendant quelques mois pour remonter la pente.
Passe une belle journée, tu as tout mon soutien.

oui tout ira mieux …. et ce sentiment, nous le connaissons toutes….attendre que la vie passe car trop dur, trop épuisée ! je penses que ce sentiment nous permet, un jour, d être plus vrai et plus riche et donc meilleure.. plein de douces pensées

Je souhaite un beau soleil après la pluie à toi la rédactrice de cette lettre. Si écrire te fait du bien, ça fait longtemps que je cherche un correspondant pour des échanges de lettres puisque j’adore écrire et me raconter à l’écrit, si ça te dit Elisa peut te transmettre mon adresse mail.

Tu fais face avec beaucoup de courage. Je ne sais pas dans quelle région tu habites, mais néanmoins, si tu veux quelques conseils pour aménager ta maison à moindre frais, je serai heureuse de partager mon expérience avec toi (je suis architecte d’intérieur et j’ai fait beaucoup de travaux moi-même ), alors n’hésite pas à demander mon mail à Élisa. Je te souhaite de retrouver bientôt des jours meilleurs…

J’ai vécu ce mal être, et vu une psychologue, moi qui le suis également, mais cela n’a pas suffit. Quand c’est ton cerveau qui deconne, parfois, les médicaments peuvent aider. Moi le prozac m’a sauvé la vie, dans laquelle je ne voyais plus que du noir. En 6 mois, j’ai remonté la pente, suis arrivée de nouveau au sommet, et je suis repartie sur les rails de ma vraie belle vie, l’apport de la psychothérapie en plus. Alors n’hésite pas, c’est peut-être la solution, quand les autres méthodes non chimiques ne sont plus efficaces. La dépression est une vraie maladie dont personne ne devrait avoir honte et cacher, pour mieux être soignée. Je t’embrasse

Chère amie,
Vous avez eu le courage d’écrire votre tristesse alors je saisis le mien pour vous répondre, et pour je l’espère vous redonner un peu le sourire. Dans la déprime nous sommes toutes sœurs, amies, alliées. Vous seriez près de moi je poserais ma main sur votre bras et je vous dirais que tout va bien se passer, que le temps vient à bout des maux et que vous n’attendez pas que la vie passe mais quelle vous guérisse. Souvent on se projette, on imagine un foyer, une famille, un cadre idéal qui nous rendraient heureuses à coup sur. Mais le disque s’enraye et rien ne va plus. On devrait rebondir, passer au-dessus, mais c’est trop difficile. Cest trop difficile parce qu’on a perdu l’étincelle, la volonté, l’envie tout simplement. La goutte d’eau. La cerise sur le gâteau de toutes les crasses qui s’accumulent. Mais un jour l’envie reviendra. Un matin, sans prévenir, la joie sera la. Un petit peu d’abord puis de plus en plus. Vous reprendrez votre vie à bras le corps et tout reviendra fluide dans votre cœur. En attendant que l’étau se resserre, sachez que vous n’êtes pas seule. Apres toute mon affection, Lucie

Te lire est difficile mais saches que derrière chaque orage, se trouve un grand soleil, prêt à renaître.
Tout ce que tu traverses n’est que passager et bientôt un nouveau chemin va se dessiner.
Crois en toi, fais toi dorloter, recentres toi sur l’essentiel et surtout mène un projet après l’autre.
Plein de courage et de good vives.

Chère toi
Si tu savais comme je sais,comme je comprends,comme c’est moi que je lis.
Deux longues années à attendre,je ne sais trop quoi en fait ,mais laisser faire la vie,le temps….
Et un matin comme par magie,par je ne sais quel procédé,tout s’est envolé,tout est devenu plus clair,moins trouble,moins difficile à surmonter,plus joli,plus léger ….
Ça peut être long,ça peut paraître insurmontable mais ça passe,c’est promis ça passe.
Tu en parles ,c’est la première marche ,et maintenant une après l’autre et un jour il n’y aura plus de marche ,juste à se laisser porter par la vie qui aura retrouver toutes ses couleurs .
Sois forte encore un petit moment….je te promet que tout ira bien.

Chère toi,
Je t’envoies pleins de douces pensées, accompagnées de force et de courage, de belle lumière et de tout ce qui peut te faire du bien.
Je te souhaite des jours meilleurs, bientôt. L’orage passera, j’en suis certaine, je te le souhaite de tout coeur en tout cas.
Bravo d’avoir su écrire ta souffrance…
Julia

Chère toi,
Je t’envoie une bouffée de courage, juste ça, juste te dire aussi que les périodes de travaux sont éprouvantes moralement bizarrement, on construit du beau du pour nous, mais c’est une période que j’ai trouvée très angoissante, sans avoir vraiment le droit de se plaindre, puisqu’on a cette chance d’avoir un chez soi. J’espere Que tu pourras trouver du soutien, bien quotidien, auprès de tes proches

Je t’envoie plein de réconforts.
Je suis moi-même propriétaire depuis un an et j’ai l’impression que l’on a le revers de la médaille . Des travaux qui n’en finissent pas car on nous a planté, les impôts écrasants, le laisser aller de mon conjoint…
Parfois j’aimerai que nous partions un peu pour nous changer d’air et puis je vois ensuite, qu’au milieu du mois, que les finances ne nous le permettent pas.
Alors je prends notre mal en patience, on va faire les travaux petit à petit (après tout l’appartement reste sain), nous profitons de choses simples comme faire des jeux de société en famille par exemple.
Prendre le mal en patience et surtout prendre les choses plus légèrement, ce n’est pas simple mais parfois c’est une question de survie…
N’oublie jamais la personne que tu as été car elle est au fond de toi et qu’un jour tu réussiras à ressortir cette part de lumière.
J’embrasse toutes les personnes qui liront mon message et qui triment aussi 😉

Aurélie

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