Chère Elisa…le quotidien de l’entreprise

In Humeurs

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Chère Élisa,

Je ne pensais pas un jour t’écrire. Mais en fait, pour tout dire, je ne sais pas à qui écrire… je n’attends pas particulièrement de réponse à mon message.

Tu croules sous les témoignages et je pense que le mien n’est sans doute pas prioritaire. J’ai couché sur papier ce que je ressentais, sur une situation que, je pense, beaucoup d’entre nous vivent au quotidien.

Je te livre mon témoignage tel quel.

Merci des quelques instants tu m’auras accordé.

Je t’embrasse bien fort et merci de tes belles images et de ton aura si bienveillante.

Claire (ce n’est pas mon vrai prénom).

 

À l’heure où l’on s’insurge de manière très juste contre le traitement fait aux femmes dans certains quartiers en France, je souhaite apporter mon propre témoignage sur le traitement des femmes.

En effet, il est inadmissible que certains cafés soient interdits aux femmes. Il est inadmissible que la rue ne soit pas sûre pour elles. Il est inadmissible qu’elles ne puissent pas porter de jupes. De shorts. De décolletés. De s’habiller comme elles le souhaitent.

La rue, les cafés, les squares, les marchés, … sont des espaces partagés. Pourquoi seraient-ils réservés aux hommes ? Pourquoi les femmes devraient-elles subir le harcèlement quotidien de la rue sur le fait qu’elles sont trop habillées, pas assez habillées, trop maquillées, pas assez maquillées, etc.

Le témoignage que j’apporte ne se passe pas dans la rue. Ni dans l’espace public. Il se passe dans le quotidien de l’entreprise. Auprès d’hommes et de femmes instruits et éduqués. En tout cas, ils sont sensés l’être. Très souvent, tous chrétiens et blancs.

Mon témoignage est celui d’une femme qui n’est plus exceptionnellement jeune, une quarantaine d’année, qui a un poste relativement élevé dans l’entreprise. Elle a un patron, homme, plus vieux, et des « administrateurs », plus vieux également qui la « dirigent ». Elle manage une petite équipe. Elle a beaucoup de relationnel à faire dans son métier et est au contact de beaucoup d’hommes de « terrain », qui eux, ont un « vrai » travail.

Tous les jours, ou presque, ce sont des remarques, des plaisanteries anodines sur les femmes. C’est amusant. Heureusement qu’elles sont jolies dans l’équipe. Heureusement qu’un homme s’occupe de la partie technique tout de même.

Différents évènements de l’entreprise marquent l’année. La femme et son équipe gèrent l’organisation, la préparation des discours, les interventions extérieures de ces évènements.

Voilà que cette femme, chose incroyable, met une robe pour l’un ou plusieurs de ces évènements. Une robe… il lui arrive d’en mettre souvent, parfois tous les jours, mais peu importe. Aujourd’hui, elle en porte une. La robe est jolie. Elle lui va bien. Elle la mincie. Concerts de louanges sur la robe et comme elle est belle dans sa robe. Quelque chose a-t-il changé dans sa vie pour qu’elle soit si resplendissante ? non ? alors, c’est que certainement ses « relations » avec le patron sont au beau fixe… car c’est vrai qu’il y a de la complicité entre eux. Le ton est à la plaisanterie. L’allusion est amusante. Elle fait rire. Elle revient. En boucle. Et à présent, c’est aussi avec les membres du conseil d’administration qu’il y a une « relation ». Comme c’est drôle. Tout le monde rit. Même elle, gênée, qui ne sait pas quoi dire, qui ne sait pas pourquoi, ni comment cela a dérapé. Et voilà qu’on la prend par la taille et qu’on essaie de lui faire des bisous. C’est pour plaisanter.

La plaisanterie s’arrête là. Mais les sous-entendus continuent. La rumeur est partie.

Ça fait rire les messieurs. C’est sans importance. C’était « marrant ». On s’est bien amusé et détendu.

Mais quand elle rentre chez elle, la femme, la rage au cœur et l’envie de pleurer, l’impression d’être salie, elle, ça ne la fait pas rire. Elle, qui a organisé tout l’évènement, elle aimerait qu’on lui parle d’autre chose que de sa robe et de ses jolies jambes.

Alors elle décide de ne plus porter de robe aux évènements. Ses « jolies » robes, elle les portera quand il n’y aura pas d’évènements et qu’on ne la regardera pas. Elle mettra des pantalons pour les évènement. Elle sera plus tranquille. Elle se dit que la prochaine fois, elle essaiera de ne pas se laisser faire et qu’elle ripostera tout en finesse. Mais elle sait, au fond, qu’il faudra encore et toujours qu’elle fasse semblant de trouver leurs blagues sexistes et leurs « papouilles » drôles. Mais, diront certains, pourquoi se laisse-t-elle faire ? Elle n’a qu’à riposter après tout ! ce n’est quand même pas si compliqué…

Parce que ce sont ses boss, parce qu’elle a besoin de son travail, parce qu’elle est polie, parce qu’elle n’arrive pas à dire « bandes de cons, vous me faites chier » de manière classe et drôle, parce que ça la touche au plus profond d’elle-même et qu’elle est sidérée de voir cette dérive.

 

Lorsque ces messieurs bien éduqués s’insurgent contre les quartiers où la femme ne peut plus se mettre en jupe, où elle n’est plus acceptée et où elle porte un voile pour qu’on la laisse en paix, se rendent-ils compte qu’ils font exactement la même chose dans le cercle si précieux de leurs entreprises ?

Non messieurs, les femmes ne sont pas là pour vous amuser et pour ravir vos yeux. Non messieurs, les femmes n’apprécient pas forcément que vous les flattiez pour leur robe, leur physique, telle une belle jument.

Feriez-vous de même avec un homme ? « oh, ta cravate est vraiment très seyante dis-moi ! elle te va bien. Tu as changé de couleur ton costume, ça va vraiment bien avec la couleur de tes yeux, c’est superbe ! quelque chose a changé dans ta vie ? tu es radieux mon cher ! laisse-moi te regarder de plus près… ».

Le témoignage que je porte de cette femme n’est certainement pas unique. Je crains – je sais, qu’il est d’une lamentable banalité. Et pourtant, lorsque l’on rentre en pleurant le soir, en n’osant pas regarder ses enfants, en ayant l’impression d’être sale, eh bien je pense que ce n’est pas normal.

Non, ce n’est pas normal de devoir choisir de s’habiller de manière « neutre » pour éviter les réflexions dans l’entreprise.

Non, ce n’est pas normal de devoir se battre et prouver tous les jours que ce que l’on dit n’est pas stupide.

Non, ce n’est pas normal de fournir le double de travail et d’être payée toujours moins qu’un homme.

Non messieurs, nous ne sommes pas votre récréation de la journée !

40 Comments

  1. Chère Claire,
    Comme je comprend ta situation…
    Et je n’ai malheureusement pas de solution à apporter…
    Je travaille avec des hommes également, j’entends leurs blagues parfois douteuses et je ris avec eux, pour ne pas être exclue, parce que j’ai besoin de garder de bonnes relations avec eux pour pouvoir correctement travailler, alors que dans ma tête je me demande comment on peut en être à ce machisme au 21eme siècle…

  2. Oh que si, ce témoignage est prioritaire! Merci d’avoir choisi de le publier Elisa.

  3. En te lisant Claire, je repense à la robe de Cécile Duflot à l’Assemblée Nationale, au député caquetant comme une poule ( et réélu depuis ). Si ça se passe dans un lieu public, devant des caméras, comment s’étonner que ça arrive ailleurs aussi ? C’est ça le pire, ce sexisme du quotidien que nombre ne remarque même pas, mais qu’on subit en silence.

    Et puis je pense à mes deux garçons, à ma responsabilité en tant que mère. C’est à nous de briser ces idées préconçues, de leur apprendre le respect et l’écoute.

  4. Que répondre à cela, sauf par un “moi aussi”. Moi aussi, l’entreprise, les blagues quotidiennes, la collaboratrice (diplômée, quadrilingue) complimentée lors d’un meeting client sur la “belle présence” – c’est comme ça qu’on dit en Italie. Et ne pas savoir comment réagir sans être taxée de féministe aigrie. Et sourire gênée, la rage au cœur. Je le disais à mon homme (qui a reçu instructions de la part de son boss pour ne pas choisir une candidate au poste qu’il a ouvert récemment dans son équipe – oui clair elle est mieux mais imagine si elle tombe enceinte): en maintenant ce climat tous les hommes médiocres nous passent devant, ils n’ont AUCUN intérêt à ce que cela change. Courage chère Claire, ce ne sont pas ces paroles qui te feront sentir mieux dans ton quotidien mais je voulais juste te dire que je me suis révoltée avec toi et que tu as mon soutien virtuel.

  5. Quel témoignage! Malheureusement parfois ces critiquent, rumeurs et blablatages en tout genre ne viennent pas que des hommes non plus.
    En ce moment je regarde une série qui me fait penser à ça, le traitement des femmes et lorsque Claire parle d’hommes instruits etc…

    Je vous conseille :The Handmaid’s Tale ” Dans une société dystopique et totalitaire au très bas taux de natalité, les femmes sont divisées en trois catégories : les Epouses, qui dominent la maison, les Marthas, qui l’entretiennent, et les Servantes, dont le rôle est la reproduction.”. On se rend compte que ce pourrait être dans le futur et qu’en fait à un moment, elles sont déchues de leurs droits ni plus ni moins, c’est assez fou… et énervant au possible.

  6. Tellement bien résumé… C’est triste d’être dans une société si moderne et ouverte, et de se rendre compte que nous sommes encore si primaires sur ces sujets. Même au sein de nos propres familles ce genre de chose arrive, tant c’est ancré dans les mœurs. Je compte bien inculquer à mon fils la notion d’égalité des sexes, le respect des femmes, et le respect de tout être humain d’ailleurs car c’est par là que tout commence. Pour les adultes, sans vouloir être négative je crains que cela soit compliqué de changer les mentalités (même s’il faut s’accrocher!), mais nous avons du travail à faire avec nos enfants, pour que les petites filles d’aujourd’hui ne soient pas des femmes harcelées et considérées comme inférieures demain!

  7. Vécu, revécu et certainement encore à revivre dans le milieu où je me retrouve chaque jour (xxl entreprise de conseil IT). Je me dis qu’ il faut continuer de mettre des robes et rester fortes, courageuses et soi-mêmes.

  8. Excellent témoignage, oh oui que c’est vrai tout ça. Même dans une salle de prof qui devrait être à mon sens un espace privilégié en terme d’égalité homme -femmes et de tolérance, un collègue m’a demandé si j’étais en train de divorcer ou si j’avais rencontrer quelqu’un parce que j’avais mis des talons et un rouge à lèvre un peu plus coloré que d’habitude et il m’a sorti le fameux tu es radieuse aujourd’hui. Je ne sais pas dans quelle mesure c’est possible mais ce genre de témoignage devrait se retrouver régulièrement à la une des échos, ou dans un magazine qu’ils lisent ces chers messieurs afin que ça rentre dans leur petite cervelle. Merci tout de même Elisa, cette lettre permet de prendre conscience que nous ne sommes pas coupables mais bien victimes quand cela nous arrive.

  9. c’est vrai !! tellement vrai. Encore je me rappelle lors d’un réunion où j’étais la seule femme. Commentaire de mon chef: “Heureusement qu’il y a une fille pour bien décorer la salle” puffff

    Besos Elisa et Claire

  10. Malheureusement le chemin à parcourir est encore long pour nous les femmes. Si les hommes ont le sentiment de détenir le pouvoir, c’est, je pense, une vile illusion. Nous sommes beaucoup plus fortes. Les hommes s’accrochent à leurs préjugés sexistes afin de maintenir, ensemble, la mainmise sur nous autres… A nous de renverser la vapeur.
    Moi j’ai 35 ans, je travaille dans un environnement très masculin, avec un chef de tout juste 40 ans, sans enfants, dont la seule préoccupation extra-professionnelle est son vélo de course (donc pas super compréhensif on va dire niveau obligations familiales).
    La maternité aidant, j’ai encore plus confiance en moi, et si quelque chose ne me convient pas, je le dis. Poliment mais fermement. J’ai du ramer beaucoup plus que mes homologues masculins pour obtenir une promotion (qui pourtant était plus que méritée) mais je ne baisse pas les bras.
    Cette égalité des sexes, je l’instruit à mon fils & je ferai de même avec ma petite fille qui va naitre dans les jours qui suivent…
    Je ne me dis pas féministe, car les hommes sont aussi nos alliés. Je partage ma vie avec le même depuis 19 ans et nous vivons en parfaite égalité à la maison, preuve qu’une société égalitaire peut marcher.
    Le ‘combat’ continue, faisons valoir nos droits, la tête haute, Rome ne s’est pas bâtie en un jour…

    • Bonjour, je me permets de commenter ton “Je ne me dis pas féministe, car les hommes sont aussi nos alliés “. Tu véhicules ici une image problématique du féministe, hérité de toute une opposition qui justement le dénigre. C’est sûr qu’il est plus facile de dire que ces femmes sont de vieilles filles aigries qui veulent contrôler le monde et asservir les hommes.
      LE FÉMINISME, C’EST SIMPLEMENT LA RECONNAISSANCE EFFECTIVE DE L’ÉGALITÉ HOMMES-FEMMES, rien de plus. Reproduire une domination inversée n’apporterait rien à qui que ce soit.
      Cessez de dénigrer ce terme et nous aurons beaucoup avancé.

      Comme l’a écrit “R.” un peu plus bas : ” Féministe, ça veut juste dire vouloir que femmes et hommes aient les mêmes droits, que les femmes soient considérées comme égales et non inférieures aux hommes, et lutter contre les violences (verbales, physiques) faites aux femmes en raison de leur sexe. C’est pas un gros mot ! C’est juste vouloir que notre société, celle qui permet ce type de comportement parce que les femmes sont vues comme inférieures, moins valables ou légitimes ( au travail, en politique…) change.”

      À méditer et à faire passer.
      Bonne journée :)

      • Oui, Amanda ! Recemment, une de mes amies ne voulait pas se dire feministe car elle n’en voyait pas le besoin.
        En ecole d’ingenieurs, je ne me posais meme pas la question, je ne me sentais pas concernee non plus.
        Mais plus j’avance dans ma carriere -et dans la vie de maniere generale (j’ai 39 ans), plus je deviens feministe devant ce spectacle si desolant des denigrements, petites remarques “pleine d’humour” et autres differences de traitement faites aux femmes…
        Je suis d’accord. Si on n’approuve pas les inegalites H/F, on EST feministe !

  11. Il y a une dizaine d’années, à l’aube de mes 20 ans, mes jolies gambettes et moi prenons le metro. Je porte une jupe, plutôt courte c’est vrai, et des bas couleur chair. Un homme assis à côté de moi me scrute longuement de haut en bas, et toute bienveillance finit par m’indiquer que “attention, j’ai un poil là”… Et moi… Comble de ridicule …. “Ah oui j’avais pas vu … Désolée “. Désolée ???? Vraiment? Pardonnez moi mais….. WTF??? Ou comment une fille, jeune, intériorise qu’elle doit être “nette”, “lisse”… 10 ans après, j’ai juste envie de me mettre une bonne paire de claque !

  12. Elodie a très bien résumé ma pensée.
    Je travaille également dans un environnement très masculin, dans le bâtiment donc autant vous dire que les réflexions machistes, déplacées… j’en ai vu!
    Jamais plus je ne les accepte ni d’un boss, ni d’un client, ni de personne!!! je ne laisse absolument rien passer par politesse ou par crainte d’être démolie dans mon travail! et au final je constate que cette attitude ne m’a jamais desservie!
    Tout à commencer quasiment à mes débuts dans mon entreprise. Lors d’une de mes premières visites chantier, je me suis faite siffler, j’étais avec toutes les équipes de direction, la honte! j’ai sentie le sang monter dans les tempes, et autant vous dire que ma réaction a été à la hauteur de la stupidité des ces gars! j’ai stoppé la visite, en plus de leur dire que nous n’étions pas dans un zoo, j’ai averti la direction de leur entreprise qui a pris la décision de les suspendre du chantier, donc au final la honte a été pour eux pas pour moi!
    En fait je crois que cet épisode, a été un déclencheur, depuis je me sens plus respectée que jamais! je peux même vous dire que je ne réfléchis même plus à ce que j’ai à faire lorsque que je choisis ma tenue le matin, si je suis en robe et que je dois faire une visite de chantier je chausse juste mes chaussures de sécurité, bonjour le look, mais je n’ai plus peur des réactions!

  13. c’est hélas oui d’une banalité affligeante. Dans mon entreprise nous sommes 80% de femmes et néanmoins parmi les 20% d’hommes il y en a qui se comportent comme tu le décris. Pensant flatter, ne pensant pas à mal et que vraiment on a pas d’humour à réagir comme ça. Moi je les remets en place, mais parce que je sais que derrière moi j’ai 80% de femmes qui appuieront ma remarque.
    Je sais aussi que je vais prendre soin d’élever mon garçon pour qu’il ne soit pas grossier avec les filles qui l’entourent et ma fille pour qu’elle sache répliquer à ces remarques. Bref c’est pas encore gagné même au 21ème siècle.

  14. Je comprends très bien ce que tu racontes car nous avons toutes vécu, à un moment ou à un autre, ce genre de situation. Se sentir salie alors qu’on n’a rien fait. Et puis, l’effet meute.
    En réfléchissant sur le sujet pour moi même, je me suis rendue compte que j’avais une responsabilité: celle de ne pas avoir su comment répondre, tout de suite, de manière claire, la première fois. J’ai cherché à comprendre pourquoi j’étais restée muette, comme une petite fille, incapable de faire autre chose que rire embarrassée. J’ai lu des livres sur le sujet et je me suis rendue compte que c’est un phénomène très répandu. Nous les femmes, en général, sommes élevées pour être jolies, agréables, aimables, dès le plus jeune âge. Nous pouvons avoir du succès dans le monde du travail, mais cette éducation que nous inculque la famille, mais aussi la société autour, nous rattrape dans certaines situations où il faudrait sortir la réponse cinglante, passer pour la féministe aigrie, pour la rabat-joie. Ce besoin d’être aimée en étant “aimable” nous fait hésiter, rire embarrassée, et la meute des hommes prend ce rire et ce silence pour une preuve de faiblesse, surement à juste titre d’une certaine manière, parce que si on veut être traitée d’égal à égal, il faut qu’on apprenne aussi à se comporter “comme un homme”: à sortir les couilles et à la balancer, cette réponse cinglante, qui leur cloue le bec et qui fait qu’ils nous respecteront, ensuite.
    Je peux vous conseiller la lecture dans livre qui s’intitule “Nice girls don’t get the corner office”, écrit par une femme avec des couilles, Lois, P. Fränkel. Mettre en pratique ses conseils n’est pas évident, mais déjà on se sent moins seule, et puis c’est comme tout, petit pas par petit pas, on s’améliore et on apprendre à changer nos réactions, ne pouvant pas changer les autres, et les résultats commencent à payer. Bon courage!

    • Hello.
      Merci pour le conseil-lecture, je note précieusement.
      En revanche je déplore ton “il faut (…) sortir (nos) couilles” et ton “écrit par une femme avec des couilles”. Cela s’inscrit précisément à l’opposé de ton message il me semble. Depuis quand couille = courage? Depuis quand il faut avoir un attribut masculin pour avoir du cran? Tu véhicules l’idée que ces “femmes” ne sont pas “normales”, qu’elles ont quelque chose de plus (et d’anormales) sans quoi elles ne pourraient pas être tel quel. Cela me fait le même effet que quand quelqu’un dit que c’est “un garçon manqué” ; c’est d’une violence folle. Ce sont des femmes, ni plus ni moins, et elles ont un cran fou.

      Entendons-nous bien, ce n’est pas une attaque personnelle. Je pointe simplement du doigt, à la suite de nombreuses et effrayantes recherches, le fait que le vocabulaire qu’on emploie sans y penser véhicule des idées qui parfois nous échappe.
      Comme l’a écrit Wittgenstein, “les limites de mon langage sont les limites de mon monde”. Alors, faites attention à votre langage car c’est une source folle de maîtrise.

      Bonne journée :)

  15. Répondons, expliquons, éduquons tant que nous le pouvons.
    Mon mari est rentré l’autre fois tout penaud car une de ses collègues l’avait engueulé après une blague sexiste. On en a reparlé ensemble. Je pense qu’il a pris conscience que si pour lui “oh ça va c’était juste une petite boutade”, peut-être que pour cette femme c’était la 25ème de la journée. Bref merci Madame pour l’électrochoc et courage Claire!

  16. C’est tellement vrai… et après ces hommes diront que l’on a pas d’humour… et ben non des fois ce n’est pas drôle

  17. J’ai 33 ans et je travaille dans la même entreprise depuis 4 ans. Depuis mon arrivée, je suis passée d’un 42 à un 36, je suis grande et blonde, j’ai changé toute ma garde robe, j’assume enfin ce corps qui m’a tant déplu. Forcément ça fait parler dans mon entreprise et je le vis très mal. Les hommes qui m’entourent sont plein de pouvoir et d’argent et ils le savent. Je ne compte plus les réflexions sur la longueur de mes robes. J’ai même eu droit à un “passez devant moi pour que je puisse regarder votre cul dans ce jean” dans les couloirs avec 2 cons morts de rire de leur blague… Et là je me suis sentie tellement honteuse et pourtant je n’ai rien pu dire, parce que je n’ai pas le courage, parce que j’ai 2 enfants à la maison, parce que mon mari travaille dans la même société, parce que je me suis dit que c’était de ma faute si mon jean était trop moulant ou mon décolleté trop plongeant… Je suis tellement fière de ma perte de poids et pourtant je n’en profite pas tellement j’ai peur de ce qu’ils vont dire. Heureusement pour moi, ce calvaire s’arrête dans quelques jours, j’ai donné ma démission, ouf !!! Je ne pensais vraiment pas qu’aujourd’hui on pouvait subir ce genre de pression sans que cela ne dérange personne dans la Direction et surtout je ne pensais pas que je me tairais si ça m’arrivait.

  18. Merci Claire pour ton témoignage. Tu ne devrais pas te sentir gênée, après tout ce sont eux qui font des remarques déplacées, et pourtant… Nous avons malheureusement toutes ou presque vécu ce genre de situation, quelque soit le cadre de travail (je travaille pour une administration internationale très à cheval sur le politiquement correct, et pourtant).

    Après quelques années j’en suis venue à la conclusion qu’il ne faut pas se taire. C’est difficile mais notre silence peut être vu comme une acceptation, et faire que la même situation se répète. Quand cela arrive j’essaie de recadrer la situation en mettant l’accent sur le cadre professionnel – comme tu le dis si bien, pourquoi parler de tes jambes alors qu’une journée importante a lieu pour l’entreprise? Après avoir vu des amies souffrir, être harcelées, tomber en burnout, je reste convaincue que c’est par chacun de ces petits gestes que viendra le changement, pour le bien de nous toutes.

    Merci d’avoir partagé ton expérience, et d’avoir ouvert ce débat.

  19. C’est intéressant. Malheureusement, je crois qu’on aura réussi à combler le trou de la couche d’ozone avant que les réflexions ne cessent. Et c’est pas peu dire !

  20. Mais oui! Il est urgent d’ouvrir les yeux! Ce sexisme est d’une triste banalité et nous devons le dénoncer pour nos filles :)
    Merci Claire et Elisa

  21. Je te comprends, je suis pâtissière et même si ce n’est pas toujours flagrant, c’est un métier très masculin.
    J’ai pris l’habitude de guetter les premiers signes de machisme et les renvoyer à l’expéditeur directement. Je ne supporte pas les remarques quant à ma condition féminine qui rapporte toujours à une certaine “faiblesse” physique (“je vais te porter ça, tu vas pas y arriver”, “peut-être que tu vas galérer à foueter cette crème”). Je ne supporte pas non plus les remarques sur ma tenue civile quand je sors du travail, généralement ça m’exaspère qu’on me fasse remarquer que je prends “enfin” soin de moi quand je mets une robe quand j’en ai envie (d’autant que la remarque vient d’une femme … WHAT?).
    Autant dire que le chemin est long! J’aimerais te dire que ça va bientôt s’arranger mais je crois que nous sommes les seules actrices à jouer dans cette pièce, et nous serons les décisionnaires de son issue.
    Mais quand j’entends des trucs du style “je voulais pas que tu sois mon maître d’apprentissage parce que bon, les conversations entre une fille et un garçon ..” J’te cache pas que je me demande si un poing dans le nez pourrait faire changer une mentalité. Mais à défaut parfois, ça me défoulerait un peu !
    Courage à toi, à nous, et à ce long combat qui se profile!

  22. Je te comprends, et la seule fois où j’ai parlé du rentre dedans que faisais mon supérieur …j’étais mise sur la touche :-( bien dommage ,
    Car ce n’était sûrement Pas voi ce que je racontais…..bref…..

  23. Tellement vrai malheureusement, mais en ce qui me concerne, je refuse d’abdiquer, et je continue de m’habiller comme je veux en ne me gênant pas pour remettre à leur place les auteurs de remarques déplacées
    Belle journée <3

  24. Chère Claire,
    Comme je te comprends, je vais avoir 22 ans et j’ai toujours grandi dans un milieu d’hommes mon père ayant une entreprise d’ambulance et de pompes funèbres. J’ai toujours côtoyé les blagues salaces et les remarques sur les robes plus moulantes ou plus courtes que d’habitude.

    J’ai travaillé pendant un peu plus d’un an dans une autre entreprise d’ambulance dans les bureaux, je me reconnais dans ce que tu dis, devoir choisir comment s’habiller pour ne pas attirer les regards désagréables ou les remarques déplacées.

    Mais j’ai décidé de pas les laisser gagner, je ne me soucis plus de leurs regards et de leurs remarques et je ne me gêne plus pour leur faire comprendre que leurs comportements n’est pas normal et que nous ne sommes pas des morceaux de viandes à regarder et toucher comme bon leur semble.
    J’ai l’espoir de faire changer les mentalités et de nous faire respecter vraiment, pas que dans les rues, dans les entreprises aussi.

    Belle journée à vous <3

  25. Ce témoignage me sidère et m’afflige. Mais en même temps, sachez qu’il existe des entreprises où les hommes, désormais minoritaires prennent cher! Je suis médecin et j’ai toujours lutté contre les propos sexistes des salles de garde et des traditions carabines. Parfois il ne faut pas avoir froid aux yeux et ne pas hésiter à faire des blagues graveleuses, je l’avoue. Maintenant le métier s’est considérablement féminisé et c’est moi qui vanne désormais mes collègues masculins: “je peux faire deux choses en même temps car je suis une femme, moi!”. Ce n’est pas vrai dans toutes les disciplines notamment certaines chirurgie mais on gagne du terrain! Et on a l’avantage de gagner pareil.

  26. Malheureusement ton témoignage est loin d’être un cas isolé comme en témoigne les commentaires, c’est triste mais j’ai bon espoir que les choses évoluent !

  27. Ben ça alors, ça vole de plus en plus haut par ici. Quelle horreur quand on est jolie de recevoir des compliments sur une robe magnifique…MDR. Relativisez les nénettes , il y a la maladie, la Syrie, les attentats… On est un pays libre et on peut se faire respecter si on le désire. J’entends de mon côté toujours parler de belles cailles dans mon milieu professionnel très féminin et des fois c’est chaud mais vous ça , vous ne connaissez pas. Je vous assure que les conversations de vos congénères vont loin les filles et en feraient rougir plus d’une. Allez, ce genre de relation stérile va dans les deux sens (que celle qui n’a jamais parlé de mec au delà du raisonnable me lance la première pierre!) ,respirez un bon coup, arrêtez de chouiner pour des conneries et militez pour des choses plus graves. Et Claire qui prend un pseudo car toute la France sait qui elle est et l’a reconnue , un regard suffit pour se faire respecter, dans ce genre de communication non verbale les mecs comprennent très vite et leur désarroi est une délectation, je t’assure que ça marche, j’ai testé la semaine dernière sur un homme politique qui avait cru que c’était arrivé. Punaise, j’en ris encore! Quand des vrais malheurs te seront arrivés (je ne te le souhaite pas), tu rigoleras de tout ça!

    • Les avis qui différent, le débat sur une question importante ou plus légère c’est évidemment ce qui est intéressant. est ce une raison pour traiter les autres de dindes en les prenant de haut quand votre avis diffère? Je ne pense pas. C’est hautain et condescendant et cela ôte tout intérêt à ce propos.

  28. Ce que je voulais dire les nénettes ne faites pas aux autres ce que vous n’aimez pas qu’on vous fasse. Des parlottes sur les biceps ou les yeux bleus du prof de muscu ou de “la caille” du service dans lequel vous travaillez , vous l’avez toutes faites, allez avouer…Mais vous c’est drôle, par contre que l’on fasse pareil à votre encontre ne vous plaît pas. Le respect se fait dans les deux sens mesdames et vous faites la gueule si on ne remarque pas votre nouvelle coiffure, votre jolie robe, le bronzage UV ou club med…Faut savoir ce que vous voulez et à vous de vous faire remarquer autrement que par votre apparence, les hommes savent aussi reconnaître l’intelligence et le savoir faire dans le travail. Combien de collègues j’ai, qui ont des compétences professionnelles incroyables mais qui ne misent que sur leur apparence, faut savoir ce qu’on veut! Dans toute communication on ne reçoit que l’image qu’on donne. Je vais faire mon hautaine, j’ai misé sur mes compétences et malgré mon côté très féminin qui plait aux hommes, on ne regarde que mon boulot . C’est pas en se foutant à poil dans un bain moussant à la vue de tous ou en jouant les vamps qu’on s’attire le respect (ce que je vois sur des réseaux socio) . Réflechissez les nénettes!

    • Si alicia est bien une femme (le propos laisse quelques doutes), c’est un bel exemple qu’on peut être sexiste tout en étant une femme ! 😉

  29. Féministe, ça veut juste dire vouloir que femmes et hommes aient les mêmes droits, que les femmes soient considérées comme égales et non inférieures aux hommes, et lutter contre les violences (verbales, physiques) faites aux femmes en raison de leur sexe. C’est pas un gros mot ! C’est juste vouloir que notre société, celle qui permet ce type de comportement parce que les femmes sont vues comme inférieures, moins valables ou légitimes ( au travail, en politique…) change.
    Bon courage à celles qui le subissent au quotidien sur le lieu de travail et aux mamans de petits garçons (comme moi) car notre tâche est rude.

  30. Je comprends ton désarroi et j’imagine ta solitude. En lisant ton témoignage, j’ai ressenti à la fois une grande tristesse pour toi mais aussi de la colère. Comment va-t-on faire progresser la situation si l’on se tait, si l’on accepte ces mots et ces comportements ?? Comme n’importe quelle femme, j’ai aussi croisé de sombres crétins au cours de ma vie professionnelle et personnelle. A 20 ans, j’étais étudiante en orthophonie à la fac de médecine de Toulouse ce qui, dans la tête de tous ces grands toubibs qui nous faisaient cours, signifiait que j’étais une jolie jeune fille qui faisait mumuse avec les enfants. Je me suis d’abord tu puis j’ai réagi et ça m’a fait un bien fou. Je me souviens que dans les couloirs mes “copines” de promo mais aussi les infirmières me félicitaient … à voix basse … ” Tu comprends, s’ils le prennent mal, il pourrait y avoir des conséquences !” Je me suis sentie seule mais fière de moi et au bout du compte j’y ai gagné le respect de ces messieurs puisque j’ai été la seule à se voir proposer un poste à l’issu de mes études. Aujourd’hui, je continue à réagir à chaque réflexion et au fil du temps j’ai appris à le faire avec plus d’humour … On parle constamment d’incivilité dans cette société mais nous sommes peu nombreux(ses) à réagir. On parle toutes d’apprendre à nos enfants le respect mais comment vont-ils comprendre s’ils nous voient accepter les remarques idiotes, les comportements déplacés d’où qu’ils viennent ? Mes parents m’ont élevée en me disant que qui ne dit mot consent et c’est aussi ce que je veux transmettre à mes 2 fils : Réagir parce que c’est la bonne chose à faire, parce que c’est juste même si certains ne comprennent pas ou nous prennent pour des dingues.

  31. Merci pour ce témoignage… Je vois que je ne suis pas la seule à ne pas savoir quoi répondre dans ce genre de circonstance.
    Pas plus tard qu’hier, seule femme dans une réunion, j’ai eu le droit à “mademoiselle” (j’ai 30 ans, suis mariée et j’ai un enfant… et je pensais qu’on était toutes “Madame” maintenant?). Et “Ah Michel, tu as de la chance toi d’être assis à côté d’Hélène, Hahahaha” et tous ces monsieurs de rire d’un air entendu… Et moi de sourire bêtement en rageant intérieurement.
    Ils savent comment nous mettre dans l’ambiance tout de suite!

  32. Merci pour votre témoignage.
    Pour moi aussi c’est du vécu. Ce que je trouve le pire est le fait que je n’arrive pas à riposter de peur d’être exclue dans mon milieu professionnel où j’ai déjà le sentiment de payer au prix fort le fait d’avoir choisi d’avoir un enfant et de m’en occuper.
    Ceci est d’autant plus paradoxal que:
    – si dans la rue (donc en dehors de la sphère professionnelle) je subis une remarque désobligeante, je réagis courtoisement mais fermement,
    – et que je gagne ma vie en défendant les autres.

  33. Bonjour, je suis choquée de savoir et de voir qu’il existe encore de tels comportements aujourd’hui..perso je ne laisse rien passer aux hommes (ni aux femmes d’ailleurs) qui ont de tels comportements… Il n’y a que comme ça que l’on est respecté et que les choses changeront enfin!courage!

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